Soigner les réfugiés en Grèce

Témoignage d'Aline Pellerin, infirmière à Oreokastro

Plus de 50’000 personnes sont bloquées en Grèce depuis la fermeture des frontières sur la route des Balkans. Aline Pellerin, infirmière suisse pour Médecins du Monde sur le camp d’Oreokastro, livre son témoignage.

Février 2016.  A mon retour d’une mission de 6 mois avec le CICR à Bangui, j’ai tout de suite été touchée par la problématique des camps de réfugiés en Grèce, largement diffusée par les médias. Abasourdie face à une Europe fermant ses frontières, c’est un véritable cri du cœur pour toutes ces familles fuyant la guerre qui m’a poussée à m’engager avec Médecins du Monde Suisse.

Aujourd’hui, mon lieu de travail principal est le camp d’Oreokastro, près de Thessalonique. C’est dans cet immense hangar qui abrite des alignements de tentes que je mesure chaque jour l’ampleur de la crise de l’accueil des réfugiés.

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Chaque matin, à notre arrivée, une file se forme et les personnes attendent d’être prises en charge par notre équipe. Les regards racontent l’exil et tant de choses : du soulagement, de l’impatience, de l’espoir, de la peur, de la joie ou de la colère.

Interprètes et soignants tentent de répondre à toutes ces émotions communiquées par les patients. Minute après minute, chacun essaie d’une manière ou d’une autre d’être entendu, considéré, en tant que patient, ou simplement, en tant que personne.

Mon rôle en tant qu’infirmière à Oreokastro consiste à définir l’ordre de priorité des consultations médicales journalières et à dispenser les soins infirmiers autonomes. Je m’applique à comprendre le caractère aigu ou chronique, urgent ou non, des maux des multiples patients se présentant à la porte de notre petite clinique. Je suis aidée dans ce travail par une équipe de traducteurs anglais-arabe, que je souhaite remercier ici.

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Les consultations sont ouvertes à tous les réfugiés sur le camp, soit près de 1500 personnes, du nouveau-né à ses grands-parents, en passant par l’adolescent, l’adulte ou encore la femme enceinte. Autant d’âges que de problématiques médicales, psychologiques, sociales ou environnementales étroitement liées.

Autant d’êtres humains que de sourires, de pleurs, de cris, de dessins, d’accidents et de rires.

Avec les nombreux patients rencontrés chaque jour, ce quotidien s’avère parfois bruyant et stressant. Cependant, j’aime faire partie de cette équipe de Médecins du Monde. J’aime savoir que nous constituons l’un des différents maillons de la chaîne qui accompagne, écoute et soigne des familles dans leur lancinante attente d’un téléphone, d’un entretien, ou d’une relocalisation tant espérés.

Aline Pellerin, infirmière Médecins du Monde

 

Médecins du Monde Suisse agit pour soigner les migrants, en Grèce mais aussi en Suisse.

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