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En cours de lecture Arrêt du projet THAYS ? Médecins du Monde en appelle à la responsabilité des politiques.
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Arrêt du projet THAYS ? Médecins du Monde en appelle à la responsabilité des politiques.

Communiqués 26.06.2026

Le projet THAYS de Médecins du Monde facilite l’accès aux soins et à l’information pour les personnes exerçant le travail du sexe dans le canton de Neuchâtel. Depuis 2019, les équipes proposent des activitésdepromotion de la santé, de soutien et d’accompagnement dans le réseau socio-sanitaireavec des actions de proximité sur le terrain. Aujourd’hui, sans financement cantonal suffisant, le projet est voué à disparaître laissant des centaines de personnes dans une situation de grande précarité.

Entre 2024 et 2025, en moyenne 1’200 personnes exerçant le travail du sexe ont transité par le canton de Neuchâtel. Jusqu’à présent, Médecins du Monde a compensé le manque de financement de ce projet avec des fonds propres. Confrontée aujourd’hui à une situation financière tendue, l’organisation n’est plus en mesure d’assumer l’essentiel de la prise en charge et l’accompagnement des travailleurs et travailleuses du sexe. Le projet THAYS, dont moins de 40 % du financement est actuellement assuré par des fonds publics, représente un coût annuel de 220 000 CHF. Il manque encore 140 000 CHF pour permettre une poursuite des activités. Par ailleurs, 82 % du budget sont consacrés aux ressources humaines, soit 1,7 équivalent temps plein (ETP), témoignant d’une structure déjà très optimisée et centrée sur l’intervention de terrain.

Si le projet THAYS s’arrête, c’est la porte d’entrée vers tout le réseau socio-sanitaire du canton de Neuchâtel qui se ferme pour des centaines de personnes isolées, stigmatisées, itinérantes, particulièrement à risque d’agressions physiques, sexuelles et d’abus économiques. Ce sont des urgences médicales, notamment gynécologiques, non adressées. C’est l’absence de lien vers le SAVI. C’est une absence de relai pour les dénonciations des conditions de travail s’apparentant parfois à de la traite d’êtres humains.  C’est la perte de personnes d’écoute et pouvant activer le réseau d’urgence dans des situations de grande détresse mentale. C’est l’absence de dépistages facilités et de prise en charge des traitements des IST pour des personnes ayant plusieurs partenaires. C’est l’absence d’accès à des droits sociaux pour des personnes cotisant au système de santé. Ce sont des situations de précarité qui s’enlisent, avec une hausse des rapports sexuels à risque et des conséquences majeures en termes de santé publique.

Exception neuchâteloise ?

Le canton de Genève finance Aspasie, le canton de Vaud finance Fleur de Pavé, le canton de Fribourg finance Griselidis, le canton du Valais finance les SIPE : l’Etat de Neuchâtel doit financer un programme à la hauteur des besoins d’une population invisibilisée et en situation de vulnérabilité.  La santé a un coût, l’abandon aussi. Médecins du Monde en appelle à la responsabilité des politiques pour financer une activité de santé publique.

 

 

 

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