Violences basées sur le genre

Des marionettes pour lutter contre les violences basées sur le genre

Au Bénin, Médecins du Monde Suisse multiplie les activités avec les enfants dans le cadre de son projet de prévention et de prise en charge des filles victimes des violences basées sur le genre (VBG) dans les villes de Cotonou, Abomey et Pa­rakou. C’est dans cinq écoles de la capitale que des ateliers de marion­nettes ont permis d’atteindre des résultats très encourageants.

Pour Médecins du Monde Suisse, l’éducation et l’information des en­fants des écoles primaires publiques sur la thématique des violences est une priorité. Les ateliers pédago­giques mis en place répondent plei­nement aux enjeux sensibles de la thématique. La mise en scène de pe­tites histoires avec des marionnettes sont proposées aux enfants durant trois mois. L’expression artistique et l’éducation par la création auprès des enfants permettent d’aborder les questions de violences et la santé sexuelle.

Par l’introduction d’éléments inti­mement liés à l’espace thérapeutique, les marionnettes drainent un phé­nomène de symbolisation, stimulent l’imaginaire et favorisent une mise à distance. Les marionnettes sont des objets médiateurs qui font office de « meneur de jeu ». Elles provoquent la plupart du temps l’adhésion im­médiate des enfants, captent l’atten­tion, sollicitent et font participer. Les personnages créés permettent une représentation du monde dans de nouvelles dimensions.

Cet objet médiateur qu’est la marionnette favorise l’expression des sentiments, l’extériorisation de conflits sans cesse refoulés face aux normes sociales.

L’activité proposée est construite en quatre étapes, à savoir : définir les violences selon le quotidien des en­fants ; créer une histoire sur la théma­tique des violences ; mettre en scène le récit choisit avec la création des marionnettes ; représenter le spec­tacle aux camarades de l’école.

Sur une durée de trois mois, les premiers résultats de ces ateliers sont prometteurs. Sur 80 élèves qui ont fréquenté les ateliers de marion­nettes, 70 % ont acquis une bonne connaissance sur la thématique de la violence et 30 % marquent une très bonne connaissance alors que 88 % ne savaient pratiquement rien avant les ateliers. Parmi ces 80 enfants, 87 % ont pu citer au moins quatre types de violences contre 89 % qui n’en connaissaient au­cun avant l’atelier. 69 % envisagent de contacter les forces de sécurité publique dans le cas d’une vio­lence contre 18 % avant l’atelier. Plus de 90 % des 400 enfants qui ont participé aux activités souhaitent pouvoir revivre encore une telle ex­périence avec la même méthodologie de formation et d’information.

Elena Melani
Coordinatrice de projet
Référente en protection de l’enfant, violences et santé sexuelle

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