P.A.S.S. = Prévention & Accès aux Soins pour les travailleuses et travailleurs du Sexe

Les objectifs spécifiques du projet P.A.S.S. sont les suivants : faciliter l’accès aux lieux de soins et de dépistage du canton, renforcer les connaissances en matière de santé et diminuer les risques liés à l’exercice de la prostitution, renforcer les relations avec le réseau médical d’accueil, monitorer les activités et les résultats obtenus, recueillir des données sur la population-cible et ses besoins en matière de santé et sensibiliser les acteurs cantonaux de santé à la problématique des travailleuses du sexe. Les bénéficiaires du projet P.A.S.S. sont majoritairement des femmes, dont plus de 90% sont migrantes.

L’exercice de la prostitution sur le domaine public est interdite dans le canton de Neuchâtel (Loi sur la prostitution, art. 11), une cinquantaine de salons de massages concentrent le travail du sexe pour environ 200 personnes se prostituant. Chaque année, on dénombre près de 800 personnes qui transitent par les salons neuchâtelois.

 

Des questions sur les risques liés au travail du sexe ?
Problèmes de santé
Droits et accès aux soins
Accès au réseau social et juridique
>  079 305 44 63, intervenante sociale Médecins du Monde
 

Une population discrète et oubliée

Le projet P.A.S.S. de Médecins du Monde répond à une demande réelle car il s’inscrit dans un cadre nouveau où il n’existe pas de mesures spécifiques concernant la santé pour cette population qui ne bénéficie d’aucun soutien. En effet, l’état de santé des travailleuses et travailleurs du sexe dans le canton n’est pas connu et aucune étude n’y a été menée. Les seules données émanent des contrôles effectués par la Police neuchâteloise ou l’OFCO (Office de Contrôle du Service de l’Emploi) et laissent supposer que les connaissances des travailleuses et travailleurs du sexe sont limitées en termes de prévention.

Précarité et pandémie

Avec l’arrivée soudaine du coronavirus et la fermeture des salons, les travailleurs et travailleuses du sexe, déjà bien souvent isolés et stigmatisés, se sont retrouvés brutalement en situation de grande précarité, sans ressources, généralement loin de leur pays d’origine et de leur famille. Pendant le semi-confinement, la plupart n’ont plus eu les moyens de répondre à leurs besoins fondamentaux : nourriture, produits sanitaires de base, logement, accès aux soins, etc. Pour répondre à cette urgence sanitaire et humaine, Médecins du Monde – avec le soutien de la DDC – s’est adapté en élargissant son offre de services et en augmentant la présence de ses intervenantes sociales sur le terrain.

Au-delà du domaine de la santé qui reste au centre de nos activités, le projet P.A.S.S. répond actuellement également à une détresse sociale liée à la pandémie. Ces besoins de premières nécessités sont principalement des besoins alimentaires, d’hébergement, de soins de base mais aussi d’écoute, de soutien psychologique et d’accompagnement dans les démarches afin que les travailleuses et travailleurs du sexe puissent bénéficier de leurs droits.

Temps Présent sur la RTS a consacré une émission à l’épidémie de pauvreté provoqué par le coronavirus : « Précaires et pandémie, la double peine » diffusée le 22 mai 2020. Le reportage révèle l’extrême fragilité des personnes exerçants des métiers précaires, tels que femmes de ménage, nounous, auxiliaires de vie à domicile, employés sur appel ou au noir, migrants ou encore travailleurs et travailleuses du sexe. Une partie du reportage porte sur les activités de notre action en temps de pandémie.

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