Offrir un accès à la santé et répondre à la souffrance

A Cox’s Bazar, dans le camp de Kutupalong-Balukhali qui compte 600’000 réfugiés Rohingyas, Médecins du Monde Suisse propose une réponse adaptée en termes de soins de santé primaires, de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre. Pour Médecins du Monde et ses partenaires, l’amélioration de l’accès à la santé et le renforcement des soins de santé proposés dans le camp sont une priorité absolue, tant les conditions sont précaires et la situation alarmante.

Rien n’aurait pu me préparer à l’ampleur de la crise et à l’étendue des souffrances que j’ai perçues ce jour à Cox’s Bazar au Bangladesh. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, juillet 2018

Au travers d’un partenariat local fort avec l’ONG bangladaise Friendship, Médecins du Monde Suisse favorise la promotion de la santé, la prévention et des services de santé de qualité. Le renforcement des capacités locales est important pour que l’amélioration de l’accès à la santé des réfugiés Rohingyas soit réelle, durable et efficace.

Les activités soutiennent deux postes de santé situés dans le camp de réfugiés ainsi que des équipes médicales mobiles.  4000 consultations sont assurées chaque mois dans les deux postes de santé. Près de 60 % des patients sont des femmes et plus de 25% sont des enfants de moins de 5 ans. Les équipes mobiles visitent chaque jour 10 à 15 familles.

L’exode des Rohingyas

L’ONU considère les Rohingyas comme « la minorité la plus persécutée » au monde. Discriminés depuis des décennies et déchus de la nationalité Birmane en 1982, ces apatrides sont en effet victimes de véritables persécutions, qualifiées de nettoyage ethnique par les Nations-Unies. Près de 700 000 Rohingyas ont fui l’Etat de Rakhine au Myanmar (ex-Birmanie) depuis le mois d’août 2017 suite aux « opérations de nettoyage » commises par les forces de sécurité birmanes. Parmi eux, beaucoup de femmes et de très jeunes enfants.

Les témoignages de réfugiés sont des preuves accablantes des atrocités commises par les militaires birmans pendant ces opérations de nettoyage et lors de la campagne d’octobre 2016. Les crimes contre l’humanité perpétrés à l’encontre des Rohingyas incluent massacres et assassinats, viols collectifs et autres violences sexuelles, pillages, déportations et incendies de centaines de villages. Par ailleurs, les violences ont également provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes appartenant à d’autres minorités ethniques. Quant aux Rohingyas restés en Birmanie, ils continuent de subir une insécurité alimentaire sévère et des menaces, outre la violation systématique de leur droit à la nationalité, de leur liberté de circulation, de leur accès à la santé, à l’éducation et à des moyens de subsistance.

De par sa rapidité et sa densité, cette crise des réfugiés est devenue la plus importante au monde. Les communautés locales de la région de Cox’s Bazar, affichant des taux de pauvreté déjà élevés, ont été fortement affectées. Le peuple et le gouvernement bangladais ont généreusement accueilli et ouvert leurs frontières à plus d’un million de réfugiés, ce qui est exceptionnel et particulièrement louable à une époque où la protection des réfugiés se dégrade et où de nombreux pays imposent des barrières afin d’échapper aux demandes d’assistance des réfugiés et à leur devoir de protection garanti par le droit international.

Le camp de Kutupalong-Balukhali

Accueillant plus de 600’000 réfugiés Rohingyas, le camp de Kutupalong-Balukhali est décrit comme le plus grand camp de réfugiés au monde en 2018. Situé dans le district de Cox’s Bazar à l’extrême sud du Bangladesh, les réfugiés s’entassent dans des abris de fortune. Depuis leur installation forcée suite à l’exile de 2017, les conditions de vie restent extrêmement précaires. Le manque d’abris, d’infrastructures sanitaires, de nourriture, d’eau, de soins, la promiscuité et le risque de contracter des maladies contagieuses font de ce camp une zone d’urgence humanitaire d’une ampleur vertigineuse.

Médecins du Monde Suisse travaille dans le camp numéro 7 et 11 de Kutupalong/Balukhali. On y dénombre près de 75’000 personnes dont plus de la moitié est âgé de moins de 18 ans.

Retour des réfugiés Rohingyas en Birmanie : dangereux et prématuré

Médecins du Monde s’est associé à 42 ONG pour mettre en garde contre un retour immédiat des réfugiés en Birmanie, un retour qui serait dangereux et prématuré.

Les organisations d’aide humanitaire et de la société civile présentes dans l’État birman de Rakhine et dans les camps de réfugiés rohingyas du Bangladesh font part de leur vive inquiétude quant au rapatriement des réfugiés prévu à la mi-novembre, tel qu’annoncé le 30 octobre 2018 par le groupe de travail conjoint des gouvernements birman et bangladais.

Les gouvernements birman et bangladais avaient assuré aux réfugiés et à la communauté internationale que le rapatriement n’aurait lieu que s’il était volontaire, sans danger et qu’il se faisait dans des conditions dignes. Nous les appelons à tenir leurs engagements.

Les Nations Unies ont déclaré à plusieurs reprises que pour l’heure la situation en Birmanie n’était pas propice à un retour. Les réfugiés continuant de fuir le pays, un rapatriement dès à présent serait prématuré. Un retour non volontaire des réfugiés dans un pays où leur vie et leur sécurité demeurent en grand danger constituerait une violation du principe fondamental de non-refoulement.

Votre engagement sauve des vies !