Offrir un accès à la santé et répondre à la souffrance

En collaboration avec son partenaire local RTMI, Médecins du Monde a lancé un projet, en octobre 2020, qui vise à améliorer le bien-être des survivant·es de violences basées sur le genre dans le district de Cox’s Bazar. Le projet facilite l’introduction et l’amélioration des services de soins dans 15 établissements de santé dans les camps et dans la communauté d’accueil.

Médecins du Monde organise des formations pour les professionnel·les de santé sur la prise en charge et la gestion clinique du viol. Nous apportons également un soutien psychosocial aux victimes et sensibilisons la population sur les impacts néfastes des violences sur la famille.

Le camp de Kutupalong : le plus grand au monde

Vu du ciel, le camp de Kutupalong ressemble à un labyrinthe construit à flanc de colline. Des dizaines de milliers de tentes de fortune sont entassées à perte de vue sur un terrain vallonné.  Situé dans le district de Cox’s Bazar à l’extrême sud du Bangladesh, il s’agit du plus grand camp de réfugié·es au monde. Avec plus de 700’000 Rohingyas à y vivre sur seulement 13 km2, c’est aussi le plus densément peuplé (source : ONU). En comparaison, la superficie de la ville de Genève est de 15,93 km2.

Depuis leur installation forcée suite à l’exil de 2017, les conditions de vie restent extrêmement précaires. Avec une telle densité de population, assurer la sécurité et le bien-être des réfugié·es reste un sérieux défi, aggravé par des catastrophes telles que de grands incendies dans les camps et les inondations de la mousson.

camp de réfugiés de Kutupalong à Cox's Baza

Le camp de réfugié·s de Kutupalong à Cox’s Bazar, au Bangladesh, est l’un des plus vastes du monde. Il accueille des centaines de milliers de Rohingyas qui ont fui les violences au Myanmar. © Paula Bronstein

Contexte

L’ONU considère les Rohingyas comme « la minorité la plus persécutée » au monde. Discriminés depuis des décennies et déchus de la nationalité Birmane en 1982, ces apatrides sont en effet victimes de véritables persécutions, qualifiées de nettoyage ethnique par les Nations-Unies. Près de 700’000 Rohingyas ont fui l’Etat de Rakhine au Myanmar (ex-Birmanie) depuis le mois d’août 2017 suite aux « opérations de nettoyage » commises par les forces de sécurité birmanes. Parmi eux, beaucoup de femmes et de très jeunes enfants.

Les témoignages de réfugié·es sont des preuves accablantes des atrocités commises par les militaires birmans pendant ces opérations de nettoyage et lors de la campagne d’octobre 2016. Les crimes contre l’humanité perpétrés à l’encontre des Rohingyas incluent massacres et assassinats, viols collectifs et autres violences sexuelles, pillages, déportations et incendies de centaines de villages. Par ailleurs, les violences ont également provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes appartenant à d’autres minorités ethniques. Quant aux Rohingyas restés en Birmanie, ils continuent de subir une insécurité alimentaire sévère et des menaces, outre la violation systématique de leur droit à la nationalité, de leur liberté de circulation, de leur accès à la santé, à l’éducation et à des moyens de subsistance.

De par sa rapidité et sa densité, cette crise des réfugiés est devenue la plus importante au monde. Les communautés locales de la région de Cox’s Bazar, affichant des taux de pauvreté déjà élevés, ont été fortement affectées. Le peuple et le gouvernement bangladais ont généreusement accueilli et ouvert leurs frontières à plus d’un million de réfugiés, ce qui est exceptionnel et particulièrement louable à une époque où la protection des réfugiés se dégrade et où de nombreux pays imposent des barrières afin d’échapper aux demandes d’assistance des réfugiés et à leur devoir de protection garanti par le droit international.