EN BREF

Médecins du Monde Suisse est engagée en Haïti depuis plus de 15 ans. Présente dans la région de Petit et Grand Goâve ainsi que dans les reliefs montagneux des Mornes, l’association vise à l’amélioration de l’accès aux soins des populations vulnérables, plus particulièrement les femmes et les enfants de moins de 5 ans.

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Médecins du Monde Suisse a réagi face à l’urgence après le tremblement de terre de 2010, non seulement face au défi de la reconstruction, mais également face à l’épidémie de choléra survenue en octobre de la même année ainsi qu’aux défis liés à la malnutrition. Dans ce contexte de crise, de multiples interventions ont été mises en place pour assurer le fonctionnement des centres de santé, des hôpitaux, des unités de soins spécialisées et garantir ainsi à la population haïtienne une prise en charge minimale en matière de santé.

Chaque année, 300 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère sont pris en charge à Petit-Goâve.

Aujourd’hui, Médecins du Monde Suisse concentre ses activités sur le soutien à l’Unité Communale de Santé Goâvienne (UCS) et appuie la supervision et la gestion au sein de l’Unité de stabilisation nutritionnelle de l’Hôpital Notre-Dame de Petit-Goâve.

LE PROJET

Projet réalisé avec le soutien de : DDC, Chaîne du Bonheur
Projet réalisé en partenariat avec : Unité Communale de Santé en Haïti, MdM Espagne

Les séquelles du séisme de 2010, ajoutées au contexte de pauvreté chronique, placent Haïti dans une situation de crise latente omniprésente. Médecins du Monde Suisse poursuit son action en faveur des populations haïtiennes: soutien aux victimes du choléra et aux structures de santé, prise en charge de la malnutrition, accès aux soins de santé primaires.

Il s’agit aujourd’hui de consolider les acquis en transférant progressivement la gestion directe du programme à l’Unité Communale de Santé Goâvienne (UCS), tout en maintenant une présence active sur le terrain. Médecins du Monde Suisse accompagne ainsi l’UCS afin de consolider ses capacités de gestion, appuyer la supervision et la gestion au sein de l’hôpital de référence de l’Unité de stabilisation nutritionnelle et du programme thérapeutique ambulatoire.

Dans le même temps, Médecins du Monde Suisse s’active à favoriser la supervision des centres de santé de la zone goâvienne. Par ailleurs, une mutualisation opérationnelle avec Médecins du Monde Espagne est réalisée, permettant d’optimiser les stratégies des deux organisations pour un meilleur impact sur la santé de la population de Petit et Grand Goâve.

Médecin du Monde Suisse reste cependant consciente des fragilités du système de santé, rendant les stratégies de développement difficiles dans le contexte actuel du pays.

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EN SAVOIR PLUS

Haïti fait partie des pays les plus pauvres de la planète en se classant au 161ème rang sur un total de 187 pays, au regard de l’Indice de Développement Humain (IDH) mesuré par les Nations Unies. La situation politique reste fragile et instable. Le gouvernement actuel n’a pas le soutien de la population qui sort fréquemment dans la rue pour manifester. Ces manifestations ont des répercussions sur le contexte sécuritaire du pays et pour les organisations non gouvernementales.

Avant même le séisme de janvier 2010 et l’émergence de l’épidémie de choléra en octobre de la même année, la situation sanitaire en Haïti était déjà l’une des plus préoccupantes de la région. Le système de santé souffrait déjà d’une faible productivité due à des problèmes structurels et les déterminants de la santé (emploi, éducation, habitat, infrastructures, etc.) étaient déjà particulièrement défavorables. Le séisme est donc venu frapper un pays avec un système de soins de santé fragile et aggraver la situation de santé des populations les plus vulnérables. Comme dans tous pays à ressources limitées, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants de moins de 5 ans haïtiens paient le plus lourd tribut à la défaillance du système de santé publique. Actuellement, avec un taux de mortalité maternelle très élevé de 350/100’00019.

 La probabilité pour une femme haïtienne de mourir des causes liées à la grossesse et à la naissance s’élève à 1 sur 83, alors qu’elle est de 1 sur 9’500 pour une femme en Suisse.

Par ailleurs, 27 nouveau-nés sur 1’000 meurent avant la fin du premier mois de vie et 1 enfant sur 11 meurt avant d’atteindre sa cinquième année (88 enfants sur 1’000 en milieu rural). Haïti est ainsi l’un des 6 pays du monde ayant la plus forte mortalité maternelle en dehors de l’Afrique sub-saharienne. Quatre ans après le séisme, la situation reste donc extrêmement difficile en Haïti. Le bilan de l’aide internationale est mitigé et la transition d’un contexte d’urgence à un contexte post-urgence ou de développement est un défi majeur pour un pays qui peine à mobiliser ses ressources autour d’un projet commun.

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